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Sur les traces de Saint Augustin
... En
Numidie Invitation au voyage rêvé, déplions la carte de géographie,
en épinglant au passage quelques indications de lieux données au IV ème
siècle: Thagaste, berceau de SAINT AUGUSTIN , petite cité nord-africaine
située à 675 m. d'altitude sur le versant sud des Monts de la Medjerda,
aujourd'hui Souk-Ahras, à l'intersection de plusieurs routes romaines
importantes par ou transitent les lourds transports militaires en plus des
voitures du cursus publicus et celles de personnes privées:
Hippone-Carthage par Naraggara ( Sidi Youssef ) et Sicca Veneria Madauros
ou Madaure, localité située à 30 km à vol d'oiseau au sud de Thagaste
ou Augustin fait ses études de grammaire jusqu'en 369, est à l'époque
un important centre culturel et une ville florissante élevée sous les
Flaviens au rang de colonie romaine. Augustin n'ignore pas qu'elle est la
partie d'un rhéteur connu du II ème siècle de 1 ère chrétienne, Apulée,
s'exprimant avec aisance aussi bien en grec qu'en latin, dont il lira
plusieurs ouvrages et dont il regrettera plus tard que son œuvre l'ait
imprégné d'anecdotes mythologiques frivole. Madaure est également le
berceau d'un contemporain d'Augustin, Maximus de Madaure, connu comme un
grammairien adversaire du christianisme, dont on ne peut affirmer que le
jeune Augustin ait suivi les cours. Madaure, entourée d'oliveraies, est
enfin une cité épiscopale, dès le IV ème siècle, dont les témoignages
archéologiques sont encore aujourd'hui plus éloquents que ceux de
Thagaste dont le site reste à fouiller.Par monts et par vaux, un évêque
sans frontières. Ce survol aérien des voyages de saint Augustin invitera
le lecteur passionné d'histoire, de patristique ou d'archéologie à
quelques pèlerinages sur les lieux mêmes parcourus par l'évêque
d'Hippone en son temps. Pour lui permettre de préparer ces heureux jours,
contentons-nous ici de dresser la liste des indications géographiques,
classées selon un ordre chronologique, qui émaillent ses écrits et que
recense avec patience M. Perler, en dehors des toponymes déjà inventoriés
ci-dessus:
Hippone-Mutugenna ( 392 ou 393 ),
Mutugenna devant être une localité de villa dans les parages d'Hippone
et du castellum Sinitii, Hippone-Thubursicu Numidarum et Cirta ( 395 ),
Thubursicu Numidarum devant être identifiée à Khamissa en Algérie,
distante de 87 km d'Hippone en direction de Constantine ( Cirta ), Voyage
en Numidie ( 396 ), sans autre précision, Déplacement en Numidie : Cirta
( Constantine ) en 400, soit par Aquae Thibilitanae, l'actuelle Hamman
Meskoutine, ce qui représente entre 139 et 146 km, soit par Calama (
Guelma ) dont l'évêque est depuis 397 l'ami d'Augustin, Possidius,
Hippone-Thiava et Milev ( 402 ): Thiava ou Thiaba ou Thiabena n'a pu être
identifiée. Milev se trouve au-delà de Cirta en direction de Sitifis, à
environ 30 km. La cité est située à 464 m. d'altitude dans la vallée
d'un petit affluent du Rummel, au milieu des montagnes de la Kabylie de
Collo, patrie du plus célèbre évêque manichéen d'Afrique, Faustus.
Hippone-Calama, cette dernière étant l'actuelle Guelma, comme nous
l'avons dit plus haut, distante de 65 km au sud-ouest de l'évêché
d'Augustin , Hippone-Zerta26 ( 412 ), cette dernière localité ne pouvant
être identifiée avec certitude et étant attestée sous différentes
formes altérées ( Zertensi, Zerhtensi, Czertznsi, Xertensi ou Certensi
), peut-être l'actuelle Henchir el Mergueb en Algérie, près de
Merkeb-Talha, ville située à 130 km à vol d'oiseau au sud-ouest
d'Hippone, Tubunae en Maurétanie ( 421 ? ) : cette localité est située
à 469 m. d'altitude, à la frontière de la Numidie romaine et du
nord-Sahara, jouant le rôle d'une place de garnison pour maintenir les
populations de la région en respect. De Carthage, on s'y rendait par
Musti, Theveste (Tébessa algérienne ), Thamugadi ( Timgad ) et Lambaese
(Lambèse ) soit environ 620 km. D'Hippone, le meilleur itinéraire passe
par Cirta et Diana Vetenanorum (Aïn
Zana).D.REMIOT. |